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 Entretien avec Valentine Goby

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redelberg patrick
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Date d'inscription : 10/11/2011

MessageSujet: Entretien avec Valentine Goby   Mer 16 Nov - 22:20

Le désir de Goby

Entretien avec Valentine Goby


L'Echappée, Qui touche à mon corps, je le tue, et votre dernier roman Des corps en silence, invitent le lecteur, la lectrice à s'intéresser presque exclusivement à des personnages féminins; vous définiriez-vous, pour autant, comme romancière féministe?

Oui, j'écris beaucoup à partir du corps féminin, parce que je le connais et qu'il me pose question, profondément, identitairement. Après la publication de « L'échappée » , histoire d'une femme tondue en 1945, et de « Qui touche à mon corps je le tue », histoires croisées d'une avortée, d'une avorteuse, et du bourreau chargé de l'exécuter sous Vichy, on m'avait déjà demandé si j'écrivais des livres féministes. C'est encore le cas avec "Des corps en silence". Je crois que j'écris des livres féminins, pas féministes, pas militants, et pas écrits spécifiquement pour les femmes. Ils affirment la spécificité du corps féminin, qui porte forcément une vision singulière du monde, et je fais parfois des incursions dans les implications sociales et sociétales d'une telle singularité : elles peuvent être d'une violence inouïe et en ce cas je les condamne. C'est tout.


-Une des caractéristiques de vos romans semble être de ne point s’achever, ou de proposer des dénouements multiples, si j’ose dire ; à l’instar de vos personnages, Claire et sa fille Kay,en particulier, seriez-vous frappée, vous aussi, par leur « peur de la fin » ?

Je crois que la fin est toujours le début de quelque chose. D’ailleurs j’avais construit mon deuxième roman, Sept jours, en inversant la place du prologue et de l’épilogue. Ainsi le prologue concluait le livre. Une façon de dire que tout achèvement, et je le crois profondément, est aussi une nouvelle naissance. Ce qui m’intéresse, c’est de regarder à la loupe les charnières fondamentales d’une vie : la rencontre amoureuse, la rupture, la maternité, le face à face avec la mort, l’instant de basculement. Tout choix ouvre une porte. Sauf la mort. C’est la seule véritable « fin ». Le reste, ce sont les étapes de l’existence et de la construction de soi. Des sas. Des passerelles.
-Vos romans privilégient le tressage de récits, parfois très distincts ; quel pouvoir accordez-vous à ce tressage ?

C’est vrai que trois de mes livres mêlent plusieurs narrateurs. Il n’y a pas de vérité objective, quel que soit le sujet, autrement dit il n’y a pas de « réel » il y a des regards, des points de vue, incarnés dans des personnages singuliers. C’est ce que je cherche à évoquer en multipliant les narrateurs. Soit on choisit un narrateur unique et omniscient, qui connaît le récit de bout en bout et les personnages dans leur intimité, il est alors la voix de cette « objectivité » illusoire par laquelle un écrivain tente de regarder la petite ou la grande histoire ; soit on s’ancre résolument dans la subjectivité en incarnant le narrateur dans un seul personnage, ou bien plusieurs, mais jamais omniscients. Pour moi, ça a été un seul. Puis plusieurs, incluant même, par deux fois, mon point de vue d’écrivain. Car il s’est aussi agi d’entrer de plus en plus en empathie avec ces personnages, sans jugement, d’affirmer que chacun d’eux est également digne d’amour parce que produit de son histoire, de sa société, et non seulement de sa volonté, qu’il soit bourreau, avorteuse, nymphomane, mère ordinaire, colon de l’après-guerre, ou musicien manipulateur. Le tressage des voix, c’est cela : l’affirmation de vérités plurielles et également légitimes sur des questions universelles. C’est une façon, pour moi, d’être meilleure. Plus humaniste, certainement, que dans la vie quotidienne. Dans l’écriture, j’ai le temps infini d’aimer.


-Vous mettez en relation, des personnages fictifs et des personnages historiques, mais, si j’ose dire, mineurs, voire, de faits divers ; à quoi correspondent, pour vous, cette confrontation, et cet ancrage historique si singulière ?

L’Histoire n’est pas un tout. Ca, c’est l’histoire des historiens, ils s’occupent de l’évènement, c’est à dire de l’élément qui fait sens et peut être transmis, dans les écoles et les universités, peut être un repère pour l’histoire collective, la mémoire. C’est très important. Mais ça masque le plus émouvant : ces millions de petits faits sans importance qui agglomérés les uns aux autres donnent naissance à ce qu’on appelle l’Histoire. Prenez la Résistance. LA résistance, qu’est-ce que c’est ? Des milliers de gens anonymes qui passent des messages dans le noir, cachent un juif dans la cave, refusent de parler aux Allemands des troupes d’occupation ou de saluer le Maréchal, posent une bombe pour les plus téméraires, militent carrément dans l’ombre pour une minorité, et tout ça fait une masse et la masse a quelques chefs, et au bout du compte, ça s’appelle LA Résistance. Mais ça n’a aucune réalité, LA résistance. C’est une agglomération de petites actions, de petites volontés, cimentées par un discours politique parfois ultérieur et des valeurs communes minimales. Voilà. Alors bien sûr en tant qu’écrivain, ce n’est pas l’Histoire qui m’intéresse ! J’ai dit déjà que l’objectivité, le réel, ça ne signifie rien pour moi. C’est donc au niveau des existences ordinaires, singulières, que je veux travailler, observer, recueillir, écrire. Comme les historiens du courant de la micro-histoire, né en Italie, qui m’ont appris à regarder les Révolutions à partir du village. Forcément le fait divers a ma préférence. Ce petit rien anodin par lequel on peut observer tout le fonctionnement d’une société. Prenez par exemple la décapitation de Marie-Louise Giraud, avorteuse, en 1943, par Vichy, qui fait l’objet de mon roman « Qui touche à mon corps je le tue ». Ca fait trois lignes dans les journaux à l’époque et on comprend, là, concrètement, comment pouvait s’appliquer dans la vie quotidienne l’idéologie hyper conservatrice de l’Etat Français. On comprend la place des femmes et leur immense souffrance, et ce que c’est qu’avoir un corps de femme (question qui se pose toujours aujourd’hui, mais dans une société différente).
-Vous évoquez, dans Des corps en silence, une statue de Barrias, mettant en scène 3 personnages étrangement mêlés ; cette statue ne serait-elle pas l’emblème de la distribution et de la relation de vos personnages ? Madeleine, Joseph Schimmer, Anne, en ce qui concerne L’Echappée, Marie G., Lucie L. et Henri D, pour Qui touche à mon corps, je le tue, Claire, Kay Alex pour Des corps en silence. Pourriez-vous nous parler de cette étrange relation d’amour, de désir, mais aussi d’aliénation qui caractérise ces personnages ?

La statue de Barrias de la Défense, à Paris, est constituées de trois visages : une Défense fière et allégorique, forte, massive, un soldat prêt à tirer, et une petite fille terrifiée qui cache son visage dans ses mains. Nous sommes, les personnages sont, comme Henriette Caillaux dans « Des corps en silence » ces ambivalences qui oscillent entre la peur et le courage, la volonté et la terreur, nous sommes à la fois doués d’une force extraordinaire et d’une fragilité absolue. Jamais l’un puis l’autre. Mais l’un et l’autre. Mes personnages ne sont jamais des héros ou des bourreaux. Le seul bourreau, celui a la fonction de tuer, dans « Qui touche à mon corps je le tue » est en fait un enfant mort de peur. La victime la plus évidente, Henriette Caillaux dans « Des corps en silence » devient une meurtrière, ravagée par la douleur. Nous portons tous les possibles. Nos rencontres, notre histoire révèlent l’un, l’autre, ou les deux.

-Vous accordez un soin tout particulier aux prénoms de vos personnages ; prénoms donnant souvent lieu à des variations, mais surtout renvoyant au thème de la lumière ; Claire, Lucie, quand ce n’est pas leur nom, Schimmer. Qu’est-ce qu’un prénom pour vous, et pourquoi cette lumière si insistante en eux ?

Tous les prénoms de mes personnages ne portent pas la lumière. Ceux qui l’abritent, comme Claire ou Lucie (lux) sont des êtres prêts à tout pour se sentir libres, y compris à traverser l’ombre, (« Il n’y a pas de lumière sans ombre », écrivait Aragon). Mais en effet je choisis leurs prénoms avec le soin d’un parent. Un prénom n’est jamais un hasard, il est un message adressé à l’enfant par ceux qui l’ont mis au monde. C’est énorme. Ca se porte, comme le corps, toute la vie. On reçoit ce lot une fois pour toutes : un corps, un prénom. On ne peut pas s’en défaire. Il ne peut pas être indifférent de s’appeler Victoire ou Blanche, par exemple, ou Aimé, ou Constance. Mes personnages ne font pas exception.

-Vos personnages, pour la plupart d’entre eux, ne semblent pouvoir vivre, ou survivre que par le mouvement, voire l’errance, et, à l’inverse, leur inscription dans un lieu, les conduire vers l’enfermement, voire la mort ; quelle valeur accordez-vous à ce mouvement des corps ?

Oui, ce sont des mouvements symboliques très forts. Ceux qui se cherchent sont en mouvement dans l’espace, les autres s’arrêtent. Mais ce mouvement peut être infime. Regardez Lucie, qui avorte et ainsi s’affirme en tant que femme, son corps est en mouvement, un mouvement invisible mais total, d’une violence effroyable. Ce mouvement infime en apparence n’est pas moins significatif que l’errance folle de Madeleine, femme tondue à la Libération, qui fuit avec sa fille dans toute la France puis à l’étranger pour essayer d’échapper à sa propre histoire. Les lieux, mes personnages les traversent plus qu’ils ne les habitent ou s’y ancrent. Ils s’en nourrissent, puis s’en vont. Car tous sont en quête de quelque chose. J’écris sur le passage.

-Qu’il s’agisse de l’étrange biographie de Claire ( page 42 Des corps en silence), du récit de la vie de Madeleine aux environs de Grasse, ou bien encore de l’évocation des souvenirs des voyages de Claire, de nombreux indices semblent mettre en scène, de manière certes discrète, une inscription de votre propre biographie dans vos récits ; quelle importance et quelle fonction lui accordez-vous ?

On écrit avec soi. Toujours. La fiction ça n’existe pas. Tout roman est un recyclage, ou si l’on veut être poétique, une transcendance. Je déplace, dans le temps et dans l’espace, je greffe, je retranche, mais la colonne vertébrale du livre, c’est moi. Parois cela se voit. Souvent, c’est invisible.

-De même, un personnage étrange caractérise Des corps en silence ; un photographe captant les mouvements de la lumière dans la nuit … N’est-on pas en droit d’y voir une image de votre travail de romancière ? Quelle « lumière » cherchez-vous à capter ?

J’ai toujours été très intéressée par la photographie. Il y a un personnage, Louise, qui est photographe, dans « Sept jours », et elle prend des photos pour récuser le réel, l’idée d’un seul réel, pour imposer son regard, affirmer ainsi qu’on a droit à l’interprétation, à la création. On est dans une fratrie, la mère est morte, et chacun des frères et sœurs porte une vision légitime de cette enfance commune et pourtant si différente de l’un à l’autre. La photo, c’est le lieu où le point de vue, concrètement, est possible. La littérature, l’art en général, c’est inséparable de la notion de point de vue. C’est se donner les moyens de fond et de forme pour défendre un point de vue.

La lecture de "Des corps en silence" est emportée, avec bonheur, par la musicalité de votre langue et pourtant cet instant où un être découvre la fin d'un amour, est terrible, tant il renvoie, hélas, à une expérience tragique que nous connaissons presque tous; quelle expérience cherchez-vous alors à éveiller chez vos lecteurs?

La poésie d'une langue et la tragédie du récit ne sont à mon sens pas incompatibles. Il me semble qu'il y a une beauté profonde du sentiment humain déployé dans ses extrêmes : extrême amour, extrême chagrin, extrême joie. La langue, je l'espère, traduit cette beauté. L'expérience de la douleur peut être sublime, comme celle du bonheur, au sens où elle nous porte au-delà de nous mêmes, de ce que nous connaissons de nous-mêmes. Nous avons tous traversé ces abîmes. Ils ne sont pas exempts de lumières. Mes personnages, sans exception, cherchent la lumière. J'aime cette phrase d'Aragon : "Il n'y a pas de lumière sans ombre".



-Vos romans posent une voix, une écriture qui instaurent le texte ; deux types de « destructurations » de la langue, en particulier, imposent votre rythme, votre musique : un goût profond pour les énumérations qui emportent la lecture, et les juxtapositions de séquences verbales qui « étirent » la phrase et l’ouvrent. Pourriez-vous nous parler de cette voix « gobyenne » qui fait toute la singularité de votre écriture ?

Je ne suis pas sûre d’avoir « pensé » mon écriture. Après six romans, je constate que certaines caractéristiques se retrouvent en effet d’un texte à l’autre. Il y a des énumérations, c’est vrai, elles viennent certainement de ma volonté de recréer des univers bien spécifiques, que ce soit la Manufacture Pleyel, un atelier de couture ou la préparation d’une décapitation, et tous ces univers sont finalement des assemblages de mots, des champs/expressions lexicaux, dont la somme donne à voir, à sentir, à toucher, les gens, les choses qui habitent cette univers. J’aime le vocabulaire, sa précision, y compris dans son aspect le plus technique, il crée du réel. Quand à l’accumulation de séquences verbales, elle découpe l’action en étapes presque à la façon d’une dissection. Je cherche toujours le point de rupture dans la vie de mes personnages. Il n’est jamais dans l’événement. Il est dans l’invisible, dans l’infiniment petit, et comment l’isoler sans cette précision ?

La lecture de Des corps en silence est emportée, avec bonheur, par la musicalité de votre langue et pourtant cet instant où un être découvre la fin d'un amour, est terrible, tant il renvoie, hélas, à une expérience tragique que nous connaissons presque tous; quelle expérience cherchez-vous alors à éveiller chez vos lecteurs?

La poésie d'une langue et la tragédie du récit ne sont à mon sens pas incompatibles. Il me semble qu'il y a une beauté profonde du sentiment humain déployé dans ses extrêmes : extrême amour, extrême chagrin, extrême joie. La langue, je l'espère, traduit cette beauté. L'expérience de la douleur peut être sublime, comme celle du bonheur, au sens où elle nous porte au-delà de nous mêmes, de ce que nous connaissons de nous-mêmes. Nous avons tous traversé ces abîmes. Ils ne sont pas exempts de lumières. Mes personnages, sans exception, cherchent la lumière.

-Vos romans donnent, tout d’abord, à voir, et à voir une lumière, des couleurs, et cela de manière très forte et insistante ; le lecteur entend votre langue, tout en voyant des tableaux, des scènes aux lumières captivantes ; seriez-vous l’opposé d’Henriette pour qui « c’est un effort énorme de reconstruire le décor mort et les visages », « qui a le son et qui cherche l’image » si j’ose vous citer ; quelle importance accordez-vous à cette lumière de vos séquences narratives à ces « écheveaux de fils jaunes, rouges, bleus », à l’image ?


Je crois qu’il y a de l’art quand paradoxalement on parvient à créer par un langage artistique des formes qui ne lui appartiennent pas. Par exemple, raconter une histoire avec des images. Faire de la musique avec des corps. Peindre avec des notes. Ou faire des images avec des mots. Pour la littérature, faire tout avec des mots, sauf raconter, précisément. Ne jamais dicter l’histoire, mais la dessiner, la jouer, la danser. L’image est fondamentale, mais elle est un échec si à son tour elle ne génère pas des sensations, du son, de l’émotion… l’image n’est pas une image. Elle sert un propos.


« Le rouge l’habitait, battait dans sa langue » écrivez-vous à propos d’Henriette ; là, encore, l’on a envie de dire le rouge vous habite, habite votre langue ; sang de lèvres mordues, sang mêlé des nourritures, sang des « images de carnage », « cette faim rouge entre les jambes d’Henriette »… Valentine Goby, romancière du rouge ?..

J’écris sur le corps, et le corps c’est du sang. Sang des palpitations qui disent que nous sommes vivants. Sang des émotions qui rougit la peau, sang bouillant du désir amoureux, sang des menstruations dans le corps des femmes, sang des mères. Le rouge est une couleur radicale, qui évoque aussi fort l’amour, et la mort.

- Peut-on dire que votre écriture tend, de plus en plus, vers une langue plus crue, plus « érotique », disons plus marquée par la sexualité et le désir ?

Je crois que c’est le cas pour les trois derniers romans, qui entrent dans le corps. Mais oui, j’écris en évoquant toujours les sens, les sensations physiques, une langue forcément sensuelle, et donc érotique, peut-être, mais au-delà de la sexualité. Il y a un érotisme dans la façon dont Juliette joue du piano dans « Des corps en silence », un érotisme dans la manière dont une mère cuit les pelures de pommes ou dans la partie de cache entre Lucie et Lucile, sa mère, dans « Qui touche à mon corps je le tue ». On peut peut-être parler d’une érotisation des rapports humains dans mes romans.

Vous aimez dire :" Je n'écris pas avec ma tête"; pourriez-vous nous expliquer cela?

C'est mon corps qui écrit. Mes nerfs. Mon ventre, pour le contenu. Mes oreilles, pour la musique, car il n'y a pas de littérature silencieuse et les livres fermés sont des tombeaux. J'écris avec mon expérience charnelle, mes cinq sens, je ne démontre rien, j'expérimente, tout. Ecrire est un acte physique, beaucoup, cérébral marginalement. Pour moi.


-Plus globalement, j’aimerais vous entendre nous parler de votre plaisir de l’écriture. Quels plaisirs vous procure l’écriture ?

C’est une question difficile, parce que l’écriture est aussi une souffrance. Pour moi, ça ne vient pas comme ça, comme une fulgurance, à de rares exceptions. Il y a quelque chose d’un accouchement, d’un « travail », dans l’acte décrire, une souffrance et en même temps un accomplissement. Ce plaisir est à la fois dans la mise au monde, la « fabrication », le « tricotage » du texte, et dans la jouissance du résultat : le livre, c’est-à-dire une satisfaction à « avoir écrit ». Ce que j’aime, c’est trouver la juste forme, le juste rythme pour ma phrase, ceux qui collent parfaitement avec le propos, sans sur jeu, sans paresse. Il y a un plaisir esthétique et sensuel à parvenir à cette adéquation. Je me dis qu’à leur manière, les mathématiciens doivent éprouver un plaisir similaire, à formuler une équation/une formule traduisant exactement la vérité qu’ils croient avoir atteinte.

-Nous parlions de plaisir et de la souffrance , mais l’écriture n’est-elle pas, en même temps, pour vous, à l’instar de l’errance, une manière de « réparer quelque chose » ?

Si. Sans doute. L’écriture est une deuxième, troisième, millième chance. J’écris, de toute façon, à partir de tout ce qui manque, les trous, les creux, ce que j’appelle : l’absence. Ecrire c’est créer quelque chose à la place.

Propos recueillis par Patrick Redelberg



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