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 Les Fruits

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MathildeR.



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Points : 3702
Date d'inscription : 14/11/2011
Age : 21

MessageSujet: Les Fruits   Mer 23 Nov - 15:45

Voici un corpus de 3 textes sur les fruits:

"L'Orange" de Francis Ponge:

Comme dans l'éponge il y a dans l'orange une aspiration à reprendre contenance après avoir subi l'épreuve de l'expression. Mais où l'éponge réussit toujours, l'orange jamais: car ses cellules ont éclaté, ses tissus se sont déchirés. Tandis que l'écorce seule se rétablit mollement dans sa forme grâce à son élasticité, un liquide d'ambre s'est répandu, accompagné de rafraîchissement, de parfums suaves, certes, -- mais souvent aussi de la conscience amère d'une expulsion prématurée de pépins.
Faut-il prendre parti entre ces deux manières de mal supporter l'oppression ? -- L'éponge n'est que muscle et se remplit de vent, d'eau propre ou d'eau sale selon : cette gymnastique est ignoble. L'orange a meilleurs goût, mais elle est trop passive, -- et ce sacrifice odorant... c'est faire à l'oppresseur trop bon compte vraiment.
Mais ce n'est pas assez avoir dit de l'orange que d'avoir rappelé sa façon particulière de parfumer l'air et de réjouir son bourreau. Il faut mettre l'accent sur la coloration glorieuse du liquide qui en résulte et qui, mieux que le jus de citron, oblige le larynx à s'ouvrir largement pour la prononciation du mot comme pour l'ingestion du liquide, sans aucune moue appréhensive de l'avant-bouche dont il ne fait pas hérisser les papilles.
Et l'on demeure au reste sans paroles pour avouer l'admiration que suscite l'enveloppe du tendre, fragile et rose ballon ovale dans cet épais tampon-buvard humide dont l'épiderme extrêmement mince mais très pigmenté, acerbement sapide, est juste assez rugueux pour accrocher dignement la lumière sur la parfaite forme du fruit.
Mais à la fin d'une trop courte étude, menée aussi rondement que possible, -- il faut en venir au pépin. Ce grain, de la forme d'un minuscule citron, offre à l'extérieur la couleur du bois blanc de citronnier, à l'intérieur un vert de pois ou de germe tendre. C'est en lui que se retrouvent, après l'explosion sensationnelle de la lanterne vénitienne de saveurs, couleurs, et parfums que constitue le ballon fruité lui-même, -- la dureté relative et la verdeur (non d'ailleurs entièrement insipide) du bois, de la branche, de la feuille: somme toute petite quoique avec certitude la raison d'être du fruit.

"Le Melon" de Saint-Amant:

Quelle odeur sens-je en cette chambre?
Quel doux parfum de musc et d'ambre
Me vient le cerveau réjouir
Et le coeur épanouir?
Ha! bon Dieu! J'en tombe en extase:
Ces belles fleurs qui dans ce vase
Parent le haut de ce buffet
Feraient-elles bien cet effet?
A-t-on brûlé de la pastille?
N'est-ce point ce vin qui pétille
Dans le cristal, que l'art humain
A fait pour couronner la main,
Et d'où sort, quand on veut le boire,
Un air de framboise à la gloire
Du bon terroir qui l'a porté
Pour notre excellente santé?
Non, ce n'est rien d'entre ces choses,
Mon penser, que tu me proposes.
Qu'est-ce donc? Je l'ai découvert
Dans ce panier rempli de vert:
C'est un melon où la nature,
Par une admirable structure,
A voulu graver à l'entour
Mille plaisants chiffres d'amour,
Pour claire marque à tout le monde
Que d'une amitié sans seconde
Elle chérit ce doux manger
Et que, d'un souci ménager,
Travaillant aux biens de la terre
Dans ce beau fruit seul elle enserre
Toutes les aimables vertus
Dont les autres sont revêtus.[...]

Ni le cher abricot que j'aime,
Ni la fraise avecque la crème,
Ni la manne qui vient du ciel,
Ni le pur aliment du miel,
Ni la poire de Tours sacrée,
Ni la verte figue sucrée,
Ni la prune au jus délicat,
Ni même le raisin muscat,
(Parole pour moi bien étrange!)
Ne sont qu'amertume et que fange
Au prix de ce melon divin,
Honneur du climat angevin.
Que dis-je d'Anjou? Je m'abuse :
C'est un fruit du cru de ma Muse,
Un fruit en Parnasse élevé,
De l'eau d'Hippocrène abreuvé,
Mont qui, pour les dieux seuls, rapporte
D'excellents fruits de cette sorte,
Pour être proche du soleil
D'où leur vient leur goût non pareil:
Car il ne serait pas croyable
Qu'un lieu commun, quoique agréable,
Eût pu produire ainsi pour nous
Rien de si bon ni de si doux.

Ô vive source de lumière!
Toi dont la route coutumière
Illumine tout l'univers,
Phoebus, dieu des fruits et des vers,
Qui tout vois et qui tout embrasses,
Ici je te rends humbles grâces,
D'un coeur d'ingratitude exempt,
De nous avoir fait ce présent. [...]

"La Pomme" de Pierre Gamarra:

Une pomme rubiconde
Se pavanait, proclamant
Qu’elle était le plus beau
de tous les fruits du monde,
Le plus tendre, le plus charmant,
Le plus sucré, le plus suave,
Ni la mangue, ni l’agave,
Le melon délicieux,
Ni l’ananas, ni l’orange,
Aucun des fruits que l’on mange
Sous l’un ou l’autre des cieux,
Ni la rouge sapotille,
La fraise, ni la myrtille
N’avait sa chair exquise et sa vive couleur.
On ne pourrait jamais lui trouver une soeur.
La brise répandait alentour son arôme
Et sa pourpre éclatait sur le feuillage vert.
- "Oui, c’est vrai, c’est bien vrai!"
dit un tout petit vers
Blotti dans le creux de la pomme.
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