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 La question de l'education chez les penseurs humanistes.

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redelberg patrick
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Date d'inscription : 10/11/2011

MessageSujet: La question de l'education chez les penseurs humanistes.   Dim 15 Avr - 7:25

L'Humanisme, ( XVIeme siècle. cf.fiche wikipedia) est caractérisé, en particulier, par un désir irrépressible d'accéder, directement, aux grands textes grecs et latins, connus jusque-là, que par le truchement des traductions imposées par l'Eglise. C'est alors l'occasion, pour ces penseurs humanistes de découvrir une force et une singularité de pensée qui avaient été totalement affadies, travesties, muselées...
Comme vous, aussi avides de lecture que vous, ils avaient cette même soif de lire, jour et nuit!....et donc de penser!...et donc...d'être.....
Parmi eux, quelques grandes figures: Erasme, Thomas More, Etienne de la Boétie, Montaigne, Rabelais.
Ils ont une passion en partage: la question de l'Homme, de sa liberté. Chacun d'eux développera une pensée remettant en cause les institutions, les pouvoirs, perçus comme freins à l'épanouissement de l'individu; plus exactement, ils remettront en cause ce qui, dans ces institutions, ces pouvoirs, entrave cet épanouissement.




Texte A
Erasme, Eloge de la Folie,
Dans ce cours pamphlet, que vous devriez lire, Erasme donne la parole à La Folie ( narratrice dans le texte); celle-ci observe les différentes institutions humaines, les différents pouvoirs...et elle ne peut, souvent, que les féliciter!...tant ils lui semblent à son image: fous!...déraisonnables!...
L'enseignement, et plus particulièrement, les Grammairiens, (c'est-à-dire, les profs!...) sont l'objet de son intention!..Elle est émerveillée par leur folie, leurs méthodes "éducatives" barbares, leur prétention, etc....tout cela venant entraver l'épanouissement culturel que l'éducation devrait au contraire favoriser. Elle m'aurait, c'est évident, admiré pour mes méthodes pédagogiques!..mes coups de chaise lorsque vos réponses sont erronées!...un moine médévial doit sommeiller en moi, probablement!...

Le passage suivant est ainsi une satire ( avec un -i- et non un -y-!..méfiez-vous!..) très violente, très caustique!..propre à faire réagir l'Eglise et ses méthodes pédagogiques!...Intention satirique, polémique donc...

"On les voit toujours faméliques et sordides dans leur école; je dis leur école, je devrais dire leur séjour de tristesse, ou mieux encore, leur galère ou leur chambre de tortures. Parmi leurs troupeaux d’écoliers, ils vieillissent dans le surmenage, assourdis de cris, empoisonnés de puanteur et de malpropreté, et cependant je leur procure l’illusion de se croire les premiers des hommes. Ah ! qu’ils sont contents d’eux lorsqu’ils terrifient du regard et de la voix une classe tremblante, lorsqu’ils meurtrissent les malheureux enfants avec la férule, les verges et le fouet, lorsque, pareils à cet âne de Cumes, ils s’abandonnent à toutes les formes de colère! Cependant, la saleté où ils vivent leur semble être du meilleur goût et leur puanteur exhaler la marjolaine. Leur malheureuse servitude leur apparaît comme une royauté et ils n’échangeraient pas leur tyrannie contre le sceptre de Phalaris ou de Denis.
Mais leur plus grande félicité vient du continuel orgueil de leur savoir. Eux qui bourrent le cerveau des enfants de pures extravagances, comme ils se croient supérieurs, bons Dieux! à Palémon et à Donat. Et je ne sais par quel sortilège ils se font accepter comme ils se jugent par les folles mamans et les pères idiots...Leurs versiculets les plus froids et les plus sots, ils les colportent, leur trouvent des admirateurs et se persuadent que l’âme de Virgile a passé en eux. Mais le plus savoureux, c’est la règle qu’ils ont adoptée de s’admirer, de se féliciter les uns les autres! En revanche, si l’un d’eux trébuche sur le moindre mot, et qu’un autre, plus vigilant, ait la chance de le prendre en flagrant délit, alors par Hercule! quelle tragédie aussitôt! Comme on ferraille! Quelles injures, quelles invectives! Je consens que tous les grammairiens se liguent contre moi si je mens tant soit peu!"

Erasme,
Eloge de la folie,
1509
Chap. XLIX.
Remarques:
Admirez, en particulier, la correction, utilisée pour définir l'école!..La Folie se reprend, et à l'aide d'une belle gradation ascendante, elle propose une nouvelle définition, fortement péjorative!... Regardez, aussi, comment le texte développe deux champs lexicaux radicalement antithétiques et recourant à un vocabulaire hyperbolique: celui de l'enseignantt-bourreau et celui de l'enfant victime..Ils sont propres à susciter une vive émotion chez le lecteur, une réprobation indignée!...


Erasme peint par Hans Holbein le jeune ( découvrez ce peintre par la même occasion!...ainsi que son père!..)
Petite remarque à propos de cette oeuvre: Ne vous fiez jamais aux apparences!...Qui devinerait, derrière, cette image, fort conventionnelle, un esprit plus que singulier et frondeur?...Il ne porte pas de jogging, n'est pas chaussé de Nike...et pourtant!....

Texte B
Extrait des Essais de Michel de Montaigne. ( je le mets sur le cite immédiatemment, mais vous le présente un peu plus tard!..)
Montaigne, le Maître absolument!...Ne le manquez pas!....Lisez cet extrait...Que retrouve-t-on?...Cette même envie de sortir d'une pédagogie inapte à l'épanouissement de l'individu! Même dénonciation de la folie ds enseignants, de leur brutalité! Notez aussi cette courte phrase: "C'est une vraie geôle de jeunesse captive." Terrible métaphore!.... -Charlotte! Toi qui as du mal à distinguer la comparaison de la métaphore, voici un bel exemple!..Si Montaigne avait écrit: "L'école est aussi violente qu'une prison, une geôle" il aurait fait une comparaison..Là, il supprime le comparé, l'école, et désigne directement celle-ci par son comparant!.. Là, où la comparaison montre un point commun, une similitude entre deux objets, la métaphore est plus forte!..Elle identifie l'objet a à l'objet b!..Bon, quand, j'explique un truc à Charlotte, les autres, vous avez le droit de suivre aussi!...au lieu de vous ruer sur vos smartphones et d'envoyer des messages!...Bande de nuls!!!...Tu comprends, Charlotte????
Mais retenez, surtout, que Montaigne, dans la seconde partie de cet extrait, après avoir stigmatisé ( vous préférez que je dise "fustigé"?..) ces méthodes pédagogiques absurdes, propose un modèle d'enseignement humaniste!...( vous le vivez quatre heures par semaine avec votre divin prof, donc vous connaissez!...)
Ce texte a donc deux intentions complémentaires! Critiquer et proposer.
Enfin retenez ce bel oxymore définissant son idéal pédagogique." Une sévère douceur."


"Au demeurant, cette institution se doit conduire par une sévère douceur, non comme il se fait. Au lieu de convier les enfants aux lettres, on leur présente, à la vérité, que horreur et cruauté. Otez-moi la violence et la force : il n’est rien à mon avis qui abâtardisse et étourdisse si fort une nature bien née. Si vous avez envie qu’il craigne la honte et le châtiment, ne l’y endurcissez pas. Endurcissez-le à la sueur et au froid, au vent, au soleil et aux hasards qu’il lui faut mépriser; ôtez-lui toute mollesse et délicatesse au vêtir et coucher, au manger et au boire; accoutumez-le à tout. Que ce ne soit pas un beau garçon et dameret, mais un garçon vert et vigoureux. Enfant, homme, vieil, j’ai toujours cru et jugé de même. Mais, entre autres choses cette police de la plupart de nos collèges m’a toujours déplu. On eût failli à l’aventure moins dommageablement, s’inclinant vers l’indulgence. C’est une vraie geôle de jeunesse captive. On la rend débauchée, l’en punissant avant qu’elle le soit. Arrivez-y sur le point de leur office, vous n’oyez que cris et d’enfants suppliciés, et de maîtres enivrés en leur colère. Quelle manière pour éveiller l’appétit envers leur leçon, à ces tendres âmes et craintives, de les guider d’une trogne effroyable. Joint ce que Quintilien en a très bien remarqué, que cette impérieuse autorité tire des suites périlleuses, et nommément à notre façon de châtiment! Combien leurs classes seraient plus décemment jonchées de fleurs et de feuilles que de tronçons d’osiers sanglants. J’y ferais pourtraire la joie, l’allégresse et Flora et les Grâces, comme fit en son école le philosophe Speusippus. Où est leur profit, que ce fût aussi leur ébat. On doit ensucrer les viandes salubres à l’enfant et enfieller celles qui lui sont nuisibles."

Montaigne, Essais
Livre I,chap. 26.
(Orthographe modernisée)
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